Construire un enfant

La métaphore assimilant la procréation d’un enfant à la construction d’une maison ou d’un bâtiment est consubstantielle à l’hébreu biblique.

En hébreu, בְּנ, BN, ben, c’est « fils » et בֹּנֶה, BNH, boneh, c’est construire. אָ֑בֶן, ABN, Even, veut dire « pierre » et peut se décomposer en אָ֑בֶ-בֶן, AB-BN, « père-fils » ; בַּת, BT, bat, « fille », est proche de בָּיִת, BYT, bayt, « maison » (et de « bâtir » en français).

Il y a dans la Bible hébraïque d’innombrables assonances et allitérations qui jouent sur cette métaphore mais qui disparaissent dans toute traduction.

Par exemple, celle-ci :
Genèse 4, 17 :
« Caïn connut sa femme. Elle conçut et enfanta Hénok. Il bâtit (בֹּנֶה, BNH, boneh) une ville et il donna à la ville le nom de son fils (בְּנוֹ, BNW, b’no) Hénok « .

Ou celle-ci :
Genèse 11,5 :
Et l’Eternel descendit pour voir la ville et la tour que bâtissaient les fils de l’Homme (אֲשֶׁר בָּנוּ בְּנֵי הָאָדָם, ASR BNW BNY HADM, « acher banou bené haAdame « ).

Une métaphore comparable est contenue en français dans le double sens du mot « enceinte » et de l’expression « tomber enceinte ».

Voir aussi :
La Tour du Babil

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