Face à l’Origine

Dans Jésus et Virounèka (Romillat, 2000), Marie Vidal consacre un chapitre à Nicodème, qu’elle écrit Niqodème, pour le rattacher à l’hébreu קֶדֶם, QDM, Qèdèm. « Qèdèm, écrit-elle, c’est l’orient, là où le soleil se lève pour parcourir sa route, là où la lumière commence à poindre et devance le jour; c’est le lieu et le signe de l’origine« .

Et de citer Proverbes 8, 22 (c’est la Sagesse qui parle) :
L’Eternel m’a acquise au commencement de sa route, avant (קֶדֶם, QDM, Qèdèm) ses œuvres les plus anciennes.

Le début du récit de la Tour de Babel énonce (Genèse 11, 1-2) :
Et toute la terre avait une seule langue et les mêmes paroles. Et il arriva que lorsqu’ils partirent de l’orient (מִקֶּדֶם, MQDM, MiQèdèm), ils trouvèrent une plaine dans le pays de Shinhar; et ils y habitèrent.

Marie Vidal commente : « Ils ont décampé du qèdèm, de l’origine. Ils ont quitté l’origine pour se fabriquer eux-mêmes un nom, hors de l’origine, hors du Créateur, hors de la référence du Commencement. (…) Si l’humain refuse l’origine, il refuse en quelque sorte l’enfantement, il refuse la reconnaissance envers ses géniteurs. Il refuse les enfantements, l’Histoire. Il refuse sa propre histoire, personnelle, familiale, fraternelle (…) et sociale. »

Le vendredi soir, avant d’accueillir le Shabbat, l’office commence par le Psaume 95 ( לְכוּ נְרַנְּנָה, LKW NRNNH Lekhou Neranénah) :
Venez, chantons avec allégresse pour l’Eternel! Poussons des cris de joie vers le Rocher de notre salut. Allons au-devant (נְקַדְּמָה, NQDMH, Neqadémah) de Sa face avec des louanges, Faisons retentir des cantiques en Son honneur!

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