Gabriel et Sarah

Les messagers qui annoncent la naissance d’Isaac à Abraham et Sarah ne sont pas nommés, alors que dans l’Évangile de Luc (1, 19 et 26), l’annonciation à Elisabeth et à Marie des futures naissances de Jean et Jésus est faite par l’ange Gabriel. C’est le sujet de célèbres tableaux.

La traduction usuelle de Gabriel par « Dieu est fort », ou « Force de Dieu », est très pauvre. Ce nom, גַּבְרִיאֵל, GBRYAL, est celui du devin de Daniel 8, 16. Mais c’est bel et bien un ange qui qualifie Sarah, alors Saraï, de GBRT, Gueverèt’, dame, maîtresse ; Chouraqui traduit par « patronne ».

Genèse 16 :
7 Un ange (מַלְאַךְ, MLAK, Maleakh)) de l’Eternel la trouva près d’une source d’eau dans le désert, près de la fontaine, sur le chemin de Chour ;
8 Il lui dit : Hagar, esclave de Saraï, d’où viens-tu ? et où vas-tu ? elle répondit : je fuis ma maîtresse Saraï (שָׂרַי גְּבִרְתִּי, SRY GBRTY, Saraï Gueverti).
9 L’ange de l’Eternel lui dit : retourne auprès de ta maîtresse (שׁוּבִי אֶל־גְּבִרְתֵּךְ, SWBY ŒL-GBRTK, Shouvi ‘Al-Guevertèkh) et soumets-toi sous sa main.

Guever, GBR, connote la vigueur sexuelle, le plus souvent au masculin. Genèse 6,4 qualifie les Nefilim de « héros » (גִּבֹּרִים, GBRYM, Guivorim ) et le verset 10,9 qualifie Nemrod, « vigoureux chasseur devant l’Éternel », גִּבּוֹר צַיִד לִפְנֵי יְהוָה, GBWR ZYD LFNY YHWH, Guebor Tsaïde Lifnéy Adonay). Pendant le Déluge (Genèse 7, 18-20 et 24), le verbe גָּבְרוּ, GBRW, Guavrou s’applique aux eaux qui forcissent, enflent, submergent l’univers.

Si force il y a, c’est celle irrésistible du désir.

Voir aussi : Maître, maîtresse, maîtrise.

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