Changements de nom
L’identité est chose relative : le nom dépend de qui appelle qui.
Le changement de nom accompagne un changement de statut social ou familial, et ceci ne concerne pas seulement les femmes qui prennent le nom de leur mari le jour de leur mariage. Chaque Père fut d’abord appelé Fils.
Le changement de nom d’Abram, ABRM, en Abraham, ABRHM, intervient en Genèse 17, 5, quand celui-ci apprend qu’il va devenir l’ancêtre d’une multitude, non pas de religions, mais de nations (Goyim en hébreu). « Des rois sortiront de toi », précise explicitement le Seigneur à Abraham, au verset 6. Le principe héréditaire est au fondement de la continuité des nations : le fils reconnu hérite du père reconnu, y compris s’il s’agit du trône. « Le roi est mort, vive le Roi ».
Au verset 15, des changements de nom et une formule analogues concernent aussi la mère : “Elohim dit à Abraham : Ta femme Saraï, tu ne l’appelleras plus Saraï, mais son nom est Sarah. Je la bénirai et je te donnerai d’elle un fils; je la bénirai, elle deviendra des nations, et des rois de peuples sortiront d’elle.” Le Prince héritier est le fils de la Reine légitime, ce qui entraînera réclamations de la part d’Ismaël, le fils de la servante, à propos de l’héritage dont il s’estime spolié.
En Genèse 22, 1, c’est Elohim qui éprouve Abraham en lui demandant de sacrifier Isaac. Mais Abraham, après avoir réussi l’épreuve, reçoit aux versets 16-18 les félicitations, non plus d’Elohim, mais de Adonaï, YHWH. Cette fois c’est Dieu qui a changé de nom !
Abraham est un père qui déclare son fils à l’état civil. Par là, il consent un sacrifice hypothétique, puisqu’en cas de guerre, le dit fils pourra être mobilisé au service de l’Etat et possiblement « mourir pour la patrie ». L’Etat « transcende » les individus successifs qu’il enregistre et qui le composent, « au péril de leur vie ».
Voir aussi :
La Bible n’est pas un livre d’histoire