Le mot « Graal » vient de l’hébreu « Goral », destin

Qu’il ait été ou non un juif converti, Chrétien de Troyes connaissait certainement, directement ou indirectement, via l’Évangile de Nicodème, la version hébraïque de l’Ancien Testament.

Savez-vous que  »Goral », גּוֹרָל , GWRL en hébreu, signifie « sort », au double sens de « hasard » (tirer au sort) et de « destin » (tel est mon sort…) ? Ce mot a toute chance d’être l’origine controversée de « Graal », cette coupe mythique ayant recueilli le sang du Christ, dont la « Quête » occupe « les Chevaliers de la Table Ronde ».

 »Goral » apparaît en Lévitique 16, 8, quand, pour désigner le bouc émissaire, « Il (Aaron) tirera les sorts ( »Goralot’ ») pour les deux boucs, attribuant un sort ( »Goral E’had ») à YHWH et l’autre ( »veGoral E’had ») à Azazel« .

Dans le livre de  »Josué »,  »Goral » revient souvent, le partage de la terre de Canaan entre les douze tribus se faisant par tirage au sort, conformément à Nombres 26,55 : « c’est au sort ( »beGoral ») que se fera le partage du pays« .

En Esther 3,7, pour déterminer le jour de l’extermination des Juifs, « on tire, sous les yeux d’Aman, le « Pour », c’est-à-dire le sort (haGoral) », d’où le nom de la fête de Pourim.

En Jonas 1, 7, les marins victimes de la tempête « se disent les uns aux autres :  » Tirons donc les sorts ( »Goralot’ »), pour savoir de qui nous vient ce mal. » Ils jetèrent les sorts ( »Goralot’ ») et le sort (haGoral) tomba sur Jonas« . On pense évidemment à la « courte paille » du Petit Navire : « Le sort tomba sur le plus jeune… »

« Coupe » se dit en hébreu Koss, ְכוֹס, KWX, et désigne, en Genèse 40, 11 et suivants, la coupe du rêve du Maître-Echanson, présentée à Pharaon et interprétée par Joseph. Koss et Goral sont associés dans le verset 5 du Psaume 16 :
יְהוָה מְנָת־חֶלְקִי וְכוֹסִי אַתָּה תּוֹמִיךְ גּוֹרָלִי
YHWH MNT-ELQY WKWXY ATH TWMYK GWRLY
Adonay Menat-‘Hèleqy veKossy Atah Tomyikh Goraly
L’Eternel est la mesure de ma part et de ma coupe; toi, Seigneur, tu soutiens mon sort.

Voir aussi
L’En-deça, l’Au-delà (commentaire 2)

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