La loi n’est pas dans le Ciel

La parasha Nitsavim contient la célèbre sentence « La loi n’est pas dans le Ciel », source du non moins célèbre apologue talmudique de la dispute entre Rabbi Eliezer et Rabbi Josué.

Deutéronome 30 :
11 Ce commandement (הַמִּצְוָה הַזֹּאת, HMZWH HCAT, HaMitsvah Hazote) que je te prescris aujourd’hui n’est certainement point au-dessus de tes forces et hors de ta portée.
12 Il n’est pas dans le ciel (לֹא בַשָּׁמַיִם הִוא, LA BSMYM HWA, Lo Bashamayim Hiou), pour que tu dises: Qui montera pour nous au ciel et nous l’ira chercher, qui nous le fera entendre, afin que nous le mettions en pratique?
13 Il n’est pas de l’autre côté de la mer, pour que tu dises: Qui passera pour nous de l’autre côté de la mer et nous l’ira chercher, qui nous le fera entendre, afin que nous le mettions en pratique?
14 C’est une chose, au contraire, qui est tout près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique.
(Rappel : Translittération)

La loi que YHWH nous impose n’est pas dans le ciel ni au delà des mers. Ne prétens pas qu’elle nous est inaccessible. Elle est toute proche, « dans ta bouche et dans ton cœur pour l’accomplir ».

YHWH n’exige de chaque être humain que ce dont il est capable. Il ne nous demande pas d’être Moïse ni Rabbi Akiba mais simplement d’être nous-mêmes, pleinement. Personne n’est exclu de la Torah, ni de la vie et du bonheur qu’elle procure, en raison de sa naissance, de ses aptitudes physiques ou intellectuelles. Ce sont les paroles de ta bouche, l’amour que tu portes dans ton cœur et le bien que tu accomplis, qui font de toi un homme agréable à YHWH. (GRJO)

L’apologue talmudique qui se réfère à « La Loi n’est pas dans le ciel » est dans le traité Baba Metsia, 59b. Il rapporte une controverse entre Rabbi Eliezer et ses collègues concernant le statut d’un four construit en plaques détachées reliées par du sable. Rabbi Eliezer considérait qu’un tel four ne peut être rendu impur et ses collègues tenaient l’avis contraire.

On enseigne que Rabbi Eliezer apporta toutes les réponses du monde pour prouver son opinion mais les rabbins refusèrent. Il leur dit: « si j’ai raison que ce caroubier le prouve » et le caroubier se déplaça de cent coudées (certains disent quatre cents). Ils lui dirent: « on n’apporte pas de preuve des caroubiers« . Il continua: « si j’ai raison que la rivière le prouve« , et la rivière changea son cours. Ils lui dirent: « on n’apporte pas de preuve des rivières« . Il dit: « si j’ai raison que les murs de la maison d’étude le prouvent« . Alors les murs commencèrent à s’affaisser. Rabbi Josué gronda: « si les disciples de sages discutent de la halakha, en quoi cela vous regarde-t-il ? » Les murs ne tombèrent pas en l’honneur de Rabbi Josué mais ils ne se redressèrent pas en l’honneur de Rabbi Eliézer et ils sont toujours ainsi. Il leur dit: « si j’ai raison que les cieux le prouvent« . Alors une voix céleste proclama: « pourquoi vous opposer à Rabbi Eliézer, alors que la halakha suit toujours son opinion ? » Rabbi Josué se leva et dit: « elle n’est plus dans les cieux« . Que signifie (Deutéronome 30): « elle n’est plus dans les cieux »? Rabbi Jérémie répond: « du fait que la Tora a été donnée au Sinaï, on ne tient plus compte de la voix céleste puisqu’il est dit dans la Tora (Exode 23): « vous suivrez la majorité ». Rabbi Nathan rencontra le prophète Elie. « Que fit Dieu en entendant le propos ? » et Elie de répondre: « Il riait, en disant: Mes enfants m’ont vaincu, Mes enfants m’ont vaincu« .

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