Une citation de Jean d’Ormesson

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Plus au sud, au-delà des collines et des vallées, non loin de la mer Morte dont les eaux laissaient aux lèvres un goût de sel prononcé, s’élevait, dans un pays, plus triste et presque désolé, la grande ville sainte des Juifs. Là, dans la vallée du Cédron, s’étaient installés, depuis des siècles et des siècles, les enfants d’Abraham qui était venu de très loin avec sa famille et sa foi. Le roi David, dont le nom et la gloire et les amours et jusqu’aux crimes étaient encore chantés par le peuple tout entier, s’était emparé de la ville et son fils Salomon y avait édifié, avec l’aide d’Hiram, roi de Tyr, qui avait fourni des bois de cèdre et des charpentiers, le Temple du Tout-Puissant où, gardées par deux chérubins ailés en bois recouvert d’or, l’arche d’alliance et les tables de la Loi jadis inspirées à Moïse sur les hauteurs du Sinaï allaient être déposées. Et puis, il y avait quatre-vingts ans, ou quelque chose comme ça – et les très grands vieillards se souvenaient encore de ces sinistres événements – les légions de Pompée avaient conquis la ville sainte et tué les prêtres qui officiaient dans le Temple. Jérusalem, la Judée, la Palestine entière avaient été soumises à l’Empire.
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Jean d’Ormesson, Histoire du Juif errant, nrf, Gallimard, 1990, p. 25.

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