Le Nom et l’Adresse

Une allitération fondamentale dans le récit de la Tour de Babel est celle du mot שֵׁם, SM. Prononcé “Shem“, il signifie “Nom” ; prononcé “Sham“, il signifie “Là”.

De plus le verbe שְׁמְע, SMŒ, Shema’, signifie “écouter, entendre”, et le pluriel שָּׁמַיִם, SMYM, Shamaym, “Cieux”.

Au verset 2, “À leur départ du Levant, ils trouvent une faille en terre de Shin‘ar et habitent là (SM, Sham)”.

Au verset 4, “Ils disent: « Offrons, bâtissons-nous une ville et une tour, sa tête aux ciels (BSMYM, baShamaym), faisons-nous un nom (SM, Shem) »”.

Au verset 7, “Offrons, descendons et mêlons là (SM, Sham) leur lèvre afin que l’homme n’entende plus (LA YSMŒW, Lo Ychmé’ou) la lèvre de son compagnon. »

Au verset 9, “Sur quoi, il crie son nom (SMH, Shemoh) : Babel, oui, là (KY-SM, Ky Sham) YHWH a mêlé la lèvre de toute la terre, et de là (WMSM, Oumisham) YHWH les a dispersés sur les faces de toute la terre”.

De plus, cette récurrence quasi obsessionnelle de SM s’intercale entre deux généalogies descendantes de SM, Sem, fils de Noé, dont le nom est « Nom », lui-même ancêtre d’Éber, עֵבֶר, ŒBR, dont le nom signifie « passer ». L’Hébreu, ŒBRY, עִבְרִי, ‘Ivri, c’est le passant – ou le passeur.

Fin du chapitre 10 de la Genèse (
21-32) :
Et à Sem, père de tous les fils d‘Éber (ŒBR), frère de Japhet, l’aîné, à lui aussi il naquit des fils.
 (…) Et Arpacshad engendra Shélakh, et Shélakh engendra Éber. Et il naquit à Éber deux fils (…) Ce sont là les fils de Sem selon leurs familles, selon leurs langues, dans leurs pays, selon leurs nations.
 Ce sont là les familles des fils de Noé, selon leurs générations, dans leurs nations; et c’est d’eux qu’est venue la répartition des nations sur la terre après le Déluge.
Ici vient le récit de la Tour de Babel, chapitre 11, versets 1 à 9. Ensuite, aux versets 10 à 26, le texte répète une généalogie de Sem :
Ce sont ici les générations de Sem: Sem était âgé de cent ans, et il engendra Arpacshad, deux ans après le Déluge.
 Et Sem, après qu’il eut engendré Arpacshad, vécut cinq cents ans; et il engendra des fils et des filles. (…) Et Shélakh vécut trente ans, et engendra Éber (ŒBR)…
… et ainsi de suite, jusqu’au verset 26, où apparaît Abram (ABRM), Père-Haut, qui sera qualifié d’Hébreu, ŒBRY, ‘Ivri, trois chapitres après (Genèse 14, 13).

Notre identité, sur un passeport ou en haut de nos courriers, est composée d’un nom, d’un prénom et d’une adresse : un nom, un lieu, Shem et Sham. De même dans un arbre généalogique, figurent les noms et lieux d’habitation des personnes citées. Mais quand on dresse l’arbre généalogique ascendant de quiconque, illustre ou non, par témoignages écrits ou oraux, il arrive tôt ou tard que la confusion des langues et l’incertitude des témoignages interrompe la recherche.

On devrait distinguer les antiShémites, qui s’en prennent à Celui qu’on appelle « Le Nom », HaShem, béni soit-Il, et les antiShamites, qui massacrent à l’aveugle ceux qui ont le malheur d' »être là », par exemple au World Trade Center ou au Bataclan.

Voir aussi :
L’affaire Shibbolet

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