De la Torah au Coran

קְרָא, QRA, Qera, clamer, proclamer, est fréquent dans la Bible.

Associé à un composé de SM, Shem, Nom, il est rendu par « appeler », au sens de « nommer ». Ainsi en Genèse 17,19,
וְקָרָאתָ אֶת־שְׁמוֹ יִצְחָק
WQRAT AT-SMW YZEQ
Veqrata Ète-Shemo Its’haq,
« tu proclameras son nom Isaac » est rendu par « tu l’appelleras Isaac ».

Même seul, on le rend par « appeler ». Ainsi dès le premier Jour de la Création, au verset 5 :
וַיִּקְרָא אֱלֹהִים לָאוֹר יוֹם וְלַחֹשֶׁךְ קָרָא לָיְלָה
WYQRA ALHYM LAWR YWM WLESK QRA LYLH
Vayqra Elohim Leor Yom VeLa’Hochekh Qara Laïlah
« Et Il proclama, Elohim, à la lumière Jour et à la ténèbre il proclama Nuit » est traduit en général :
« Dieu appela (ou nomma) la lumière Jour et les ténèbres Nuit ».
De même, au Deuxième Jour (verset 8) :
וַיִּקְרָא אֱלֹהִים לָרָקִיעַ שָׁמָיִם
WYQRA ALHYM LRQYΠSMYM
Vayiqra Elohim LaRaqiy’a Shamaym
Elohim appela l’étendue ciel
et au Troisième Jour (verset 10)
וַיִּקְרָא אֱלֹהִים לַיַּבָּשָׁה אֶרֶץ וּלְמִקְוֵה הַמַּיִם קָרָא יַמִּים
WYQRA ALHYM LYBSH ARZ WLMQWH HMYM QRA YMYM
Vayiqra Elohim LaYabashah Erets OuLeMiqveh HaMayim Qara Yamim
Elohim appela le sec Terre, et Il appela l’amas des eaux Mers.

André Chouraqui, lui, traduit QRA par « crier » :
« Elohim crie à la lumière : « Jour ». A la ténèbre il avait crié « Nuit » » (1,5) … Elohim crie au plafond : « Ciels. » (1,8) … Elohim crie au sec : « Terre ». À l’alignement des eaux, il avait crié : « Mers » (1,10). Et, en 17,19, au lieu de « Tu l’appelleras Isaac », l’impératif : « Crie son nom, Isaac ! »

Le Lévitique, troisième Livre de Moïse, commence par WYQRA, Vayiqra, qui est son titre en hébreu. Chouraqui le présente ainsi :
« Il crie vers Moshé… Ainsi débute ce volume, avec ces mots dont la racine est voisine du mot arabe Qur’an qui donne en français Coran, le Cri, proclamation publique de la parole d’Allah ».
Selon la tradition musulmane de la Révélation, Mahomet voit les versets danser devant ses yeux et l’ange Gabriel lui intime « Proclame ! ». Certaines traductions du Coran ont pour titre « L’Appel ».

Quand un garde-champêtre fait une « proclamation », quand un adjudant fait « l’appel », ils lisent un document préétabli. C’est pourquoi QRA a aussi le sens de « lire à haute voix », puis de « lire », tout court.
Deutéronome 17, 19 dispose ainsi que le futur roi d’Israël devra porter sur lui un exemplaire de la Torah et
« y lire, QRA, tous les jours de sa vie »
וְקָרָא בוֹ כָּל־יְמֵי חַיָּיו
VaQara Bo Kol-Yeméy ‘Hayayv

Le Coran, c’est aussi la Lecture.

Voir aussi :
Vayiqra, le Lévitique

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