Tu aimeras l’étranger…
L’énoncé de Deutéronome 10,19 est bien connu :
וַאֲהַבְתֶּם אֶת־הַגֵּר כִּי־גֵרִים הֱיִיתֶם בְּאֶרֶץ מִצְרָיִם
WAHBTM AT-HGR KY-GRYM HYYTM BARZ MZRYM
VeAhavetème Ète-haGuér Ky-Guérim’ Hayyetème beErets Mitsraïm
Vous aimerez l’étranger, car vous avez été étrangers dans le pays d’Egypte.
Lévitique 19, 34 est plus insistant : cet étranger, il faut l’aimer “comme soi-même” : « Comme un indigène d’entre vous sera pour vous l’étranger qui séjourne (הַגֵּר הַגָּר haGuér haGar) avec vous ; aime-le comme toi même, car étrangers (כִּי־גֵרִים Ky-Guérim’) vous avez été au pays d’Egypte ; moi l’Éternel, votre Dieu ».
La syllabe « gr » évoque l’aGRessivité d’une bête féroce aux aguets. הַגֵּר HGR, haGuer, avec l’article, c’est le miGRant, l’immiGRé, qui suscite l’aiGReur, l’hostilité.
Mais « Gr… », c’est aussi le ronronnement de bonheur du bébé couvé par sa mère. Guer, c’est le “prosélyte”, le novice en cours de formation, la GRaîne qui GeRme. On traduit GWR ARYH, Gour Ariéh par “jeune lion“, parce que c’est une “graîne de lion”, comme on dit “graîne de star”.
La germe d’homme est un intrus et une promesse dans le ventre de sa mère, tout comme גֵּרְשֹׁם Guerchom, fils de Moïse, ainsi nommé en Exode 2,22, « car, dit-il, je suis un immigré (גֵּר GR, guer) en terre étrangère ».