Les vœux imprudents
Genèse Rabba 60,3: Quatre personnages n’ont pas formulé leur demande de manière appropriée. Parmi eux, trois furent pleinement gratifiés, mais le quatrième ne le fut pas. Ce sont : Eliézer, Caleb, Saül et Jephté.
• Éliézer a dit : “La jeune fille à qui je dirai … Ce sera celle que tu as destinée.” (Genèse 24, 14) Autrement dit, si une servante quelconque était sortie à cet instant et lui avait donné à boire, il l’aurait conduite au fils de son maître ! Mais le Saint béni soit-il rectifia la chose : “Il n’avait pas fini de parler que sortait Rébecca” (ib. 15).
• Caleb a dit : “Celui qui battra Qiryat-Séphèr et s’en emparera, je lui donnerai pour femme ma fille Aksa” (Josué 15, 16). Par conséquent, si un esclave s’était emparé de la ville, il lui aurait donné sa fille. Mais le Saint béni soit-il rectifia de lui-même, comme il est dit : “Celui qui s’en empara fut Otniel, fils de Qenaz, frère de Caleb, qui lui donna pour femme sa fille Aksa” (ib. 17).
• Saül a dit : “Celui qui l’abattra, le roi le comblera de richesses, il lui donnera sa fille” (1 Samuel 17, 25). Et donc, si un Ethiopien, un idolâtre ou un esclave l’avait frappé, il lui aurait donné sa fille. Mais le Saint béni soit-il corrigea la chose, comme il est dit : “David était le fils d’un Éphratéen” (ib. 12).
• Jephté a dit : “Celui qui sortira le premier des portes de ma maison pour venir à ma rencontre… Celui-là appartiendra à Yahvé, et je l’offrirai en holocauste” (Juges 11, 31). Et donc, si un âne, un chien ou un chat était sorti, il l’aurait immolé en holocauste ? Cette fois le Saint béni soit-il ne rectifia pas la chose, comme il est écrit : “Lorsque Jephté revint à sa maison, voici que sa fille sortit à sa rencontre” (ib. 34). “Dès qu’il l’eut aperçue, il déchira ses vêtements…” (ib. 35)
Cité par Maurice Mergui dans “L’énigme Jephté“.