La voix de Ramah

Le verset Jérémie, 31, 15 est « accompli » explicitement dans le récit du Massacre des Innocents (Matthieu 2, 16-18) : « Ainsi dit l’Eternel: Une voix est entendue dans Ramah, une lamentation, des pleurs amers, Rachel pleurant ses fils, refusant d’être consolée pour ses fils, parce qu’ils ne sont plus ».

קוֹל בְּרָמָה נִשְׁמָע
QWL BRMH NSMŒ
Qol BeRamah NiChema’
Une voix est entendue dans Ramah
Ramah (רָמָה, RMH), absente de la Torah, est la résidence du Prophète Samuel, où habitaient ses parents et où il a été conçu. Voici quelques-uns des versets du Premier Livre de Samuel contenant ce nom de lieu, toujours orthographié HRMTH, HaRamatah.

1Samuel 1, 19 – Ils se levèrent de bon matin, et après s’être prosternés devant l’Eternel, ils s’en retournèrent et revinrent dans leur maison à Ramah (הָרָמָתָה, HRMTH, HaRamatah) Elkana connut Anne, sa femme, et l’Eternel se souvint d’elle.
1Samuel 2, 11 – Elqana s’en alla dans sa maison à Ramah (הָרָמָתָה, HRMTH, HaRamatah), et l’enfant fut au service de l’Eternel devant Eli le Cohen.
1Samuel 7, 17 – Puis il revenait à Ramah (הָרָמָתָה, HRMTH, HaRamatah), où était sa maison; et là il jugeait Israël, et il y bâtit un autel à l’Eternel.
1Samuel 8, 4 – Tous les anciens d’Israël s’assemblèrent, et vinrent auprès de Samuel à Ramah (הָרָמָתָה, HRMTH, HaRamatah).
1Samuel, 16, 13 – Samuel prit la corne d’huile, et l’oignit au milieu de ses frères. L’esprit de l’Eternel saisit David, à partir de ce jour et dans la suite. Samuel se leva, et s’en alla à Ramah (הָרָמָתָה, HRMTH, HaRamatah).
1Samuel 19, 18 – C’est ainsi que David prit la fuite et qu’il échappa. Il se rendit auprès de Samuel à Ramah (הָרָמָתָה, HRMTH, HaRamatah), et lui raconta tout ce que Saül lui avait fait. Puis il alla avec Samuel demeurer à Najoth.

La racine RM, qui signifie « haut », est présente dans ABRM, Abram, ARM, Aram (d’où ARMY, Arami, Araméen) et aussi Jérémie (יִרְמְיָהוּ, YRMYHW, Yirmeyahou, Dieu élève)). Mais MT, Mét, c’est la mort. RMT, c’est RM-MT, « Haute-mort » (Comme AMT, Emet, « Vérité », c’est AM-MT, « Mère-Mort » : chacun va de sa mère à la mort). En 1Samuel 1, 1, la demeure d’Elqana est dite, au pluriel, Haramatayim, הָרָמָתַיִם, HRMTYM. .

La conception de tout nouvel être implique un choix divin dans les hauteurs, « bimeromav« , et ici-bas, la « non-vie » de toutes les êtres qui auraient été également éligibles. Rachel, qui meurt en donnant naissance à Benjamin, symbolise l’indissolubilité de la naissance et de la mort : toute naissance est mort, toute mort est (re)naissance. Rachel pleure tous les Innocents qui ne vivent pas, « qui ne sont pas » (ou plus ?) : אֵינֶנּוּ, AYNNW, Eynénou. Quant à l’orthographe RMH, Ramah, par JéRéMie et MaTthieu, qui supplante RMTH, Ramatah, elle implique l’abolition de la mort.

Cf « Après la mort« . L’Être et le Néant.

Voir aussi : L’État, c’est Dieu

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