Le « Vav » conversif

<< Je déclare avec Aragon: "La femme est l'avenir de l'homme" >> (Jean Ferrat)

Selon la règle que les grammairiens de l’hébreu biblique nomment le “Vav conversif”, le W, Vav, placé devant un verbe au futur le transforme en passé ; et inversement, le W placé devant un verbe au passé le change en futur. Comme le Y, Yod, placé en tête d’un verbe le conjugue au futur, le résultat est que les deux lettres WY devant un verbe rendent à la fois le passé et le futur.

Quand on traduit les multiples versets bibliques commençant par ces deux lettres, וַיְדַבֵּר, WYDBR, Vayedaber, “et Il parla”, וַיֹּאמֶר, WYAMR, Vayomer, “et Il dit”, וַיִּקְרָא, WYQRA, Vayqra, “et Il appela”, WYHY, וַיְהִי, Vayehi, “et ce fut”, on devrait plutôt entendre : Il parla, et Il n’a pas fini de parler, de dire, d’appeler, d’être..…

L’exemple le plus illustre est au tout début de la Genèse (1.3) :
יְהִי אוֹר YHY AWR, Yehi Or, « Soit Lumière » est marquée au futur.
Juste après, on ajoute un Vav, W
וַיְהִי־אוֹר WYHY AWR, VaYehi Or, « Et Fut Lumière »,
la phrase est maintenant au passé.

L’anglais a gardé des traces du pouvoir conversif du W : placé devant le mot Man, homme, il le change en Woman, femme. Placé devant le mot East, Est, il le change en West, Ouest. En latin, le doublet Man-Woman se dissimule derrière les racines H/MN de ho-minis, ho-minem, génitif et accusatif de homo et de F/MN, femina, qui a donné « féminin ».

Le F est resté sixième lettre de l’alphabet latin, à la place du Vav, W, sixième lettre de l’alphabet hébreu.

Envoyez un commentaire

Vous devez être connecté pour publier un commentaire.