Quand l’Éternel s’incline …

En Genèse 18,22, pendant que Sarah est enceinte d’Isaac…

…se mettent en place les deux interlocuteurs d’un prodigieux marchandage qui va établir la nécessité minimale de Dix Justes pour sauver Sodome et assurer la continuité de la ville :
וְאַבְרָהָם עוֹדֶנּוּ עֹמֵד לִפְנֵי יְהוָה
WABRHM ŒWDNW ŒMD LFNY YHWH
VeAvraham ‘Odènou ‘Oméd Lifnéy Adonaï
Et Abraham se tient encore devant YHWH

Il paraît que l’original disait l’inverse …
« YHWH se tient encore devant Abraham »
… et que les scribes ont interverti par révérence (1).

Cela signale qu’en matière de filiation, il arrive que la biologie elle-même, qui relève du divin, s’incline devant le témoignage social, qui met de l’ordre là où rêgne la confusion.

D’après Déchiffrer la démographie, Syros-Alternatives, 1990, p. 171-2

(1) Rachi sur Sefarim : Et Avraham était encore debout devant Hachem Ce n’est pas lui, pourtant, qui s’était levé pour se tenir debout devant Dieu, mais c’est le Saint béni soit-Il qui était venu chez lui pour lui dire : « comme le gémissement de Sedom et de ‘Amora est grand ». Le texte aurait dû donc dire : « et Hachem était encore debout devant Avraham », mais il s’agit là d’une correction des scribes, [destinée à prévenir une éventuelle interprétation irrévérencieuse] (Beréchith raba 49).

2 réponses à “Quand l’Éternel s’incline …”

  1. mllevy dit:

    En hébreu dans le Texte.
    Sommaire

    Voir aussi :
    Translittération

    Le Précepteur. Comment Moïse entreprit la Bible (Bookelis)

  2. mllevy dit:

    Felix Asher Perez sur Facebook

    La Bible et le Talmud utilisent souvent les euphémismes
    Voir Euphemism and Dysphemism (Jewish Virtual Library)

    « L’euphémisme est la substitution d’un terme inoffensif à un mot blasphématoire ou tabou. Divers types d’euphémismes se trouvent souvent dans la Bible comme évitement :
    – d’une menace sur le locuteur lui-même « Si vous arrachez les yeux de ces hommes » plutôt que « nos yeux » (Nombres 16:14; I Sam. 29 : 4)
    – de l’implication directe dans un serment « Dieu le fait aux ennemis de David » plutôt qu’à « mes ennemis (de David)  » (I Sam. 25:22 ou. 20:16)
    – de « mourir » avec substitution de « Je vais suivre le chemin de la terre » (I Rois 2: 2, « Ils dormiront un sommeil perpétuel et ne se réveilleront pas » (Jér. 51:39, 57)
    – de « maudire ou blasphémer » avec plutôt « bénir ou louer » (I Rois 21:10; Job 1: 5, 11; 2: 5)-
    – des expressions indélicates « déféquer » avec plutôt « se couvrir les jambes » (Juges 3:24; I Sam. 24: 3); « celle avec qui il couche » par « le pain qu’il mange » (Gn 39, 6)
    – d’un terme à connotation idolâtrique avec plutôt un terme inoffensif

    On en retrouve aussi beaucoup listés volontairement par le Midrach (6 dans le Mekhilta, 7 dans le Sifrei puis plus tard dans le Tan’houma qui les appellent « corrections des scribes ou tikoun sofrim » sous-entendant 2 points de vue possible. La différence de terminologie reflète deux écoles de pensée différentes, à savoir celles qui soutiennent que la Bible elle-même employait à l’origine des expressions euphémistes et celles qui soutiennent que le changement a d’abord été fait par les soferim ; tous deux conviennent que les changements ont été faits par respect pour l’honneur du Seigneur (Lieberman).

    Voici des exemples d’une telle liste:
    (1) « Abraham est resté debout devant le Seigneur » car « Le Seigneur est resté debout devant Abraham » (Gen. 18:22);
    (2) «Car ses fils se blasphémaient» pour «blasphémer Dieu» (I Sam. 3:13);
    (3) « Mais mon peuple a changé sa gloire pour ce qui ne profite pas » pour « Ma gloire » (Jér. 2:11);
    (4) « N’es-tu pas de l’éternité, Seigneur mon Dieu, mon Saint? Nous ne mourrons pas » pour « Tu ne mourras pas » (Hab. 1:12); et
    (5) «Car celui qui vous touche touche la prunelle de son œil» pour «mon œil» (Zacharie 2:12).

    Un autre type de substitution résultant de scrupules religieux se trouve dans le changement de la vocalisation du verbe ra’ah (ראה; «voir») de l’actif au passif, «être vu» (Luzzatto). Il est utilisé en se référant aux trois temps fixés au cours de l’année où l’Israélite était obligé de faire un pèlerinage à Jérusalem pour « voir », c’est-à-dire pour être en présence de Dieu (ex. 23:15; 34) : 20, 23; Deutéronome 16:16)

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